Le Sommeil D'Adam

Création 2022-2023

Coproduction (en cours)

Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine

Scène Nationale d'Aubusson

Dans une petite ville française proche de l’océan, quelque part au début des années 2000,

Adam, un garçon demandeur d’asile de 12 ans, tombe dans un sommeil profond en classe.

Ni sa professeur de français Laurianne, ni ses camarades n’arrivent à le réveiller. À l'hôpital, les médecins ne trouvent aucune raison physiologique à ce coma. Adam de retour chez lui dort depuis maintenant un mois. Face aux soupçons des autorités en ce qui concerne la responsabilité de la famille dans l’état de l’enfant, et à l’impuissance des médecins, Lauriane, la mère d’Adam et sa soeur tentent toutes trois à leur façon de réveiller

le “dormeur”. Une course contre la montre s’amorce alors que la famille d’Adam se trouve sous le coup d’une obligation de quitter le territoire et que bientôt une épidémie de sommeil s’abat sur d’autres enfants demandeurs d’asile.

Le sommeil d’Adam, entre lutte, fuite et résignation, pousse nos protagonistes dans des

combats improbables afin de percer le mystère de ce sommeil inexpliqué.

Depuis le début des années 2000, on observe en Suède un phénomène pour le moins étrange: le syndrome de résignation.

Des centaines d’enfants et d’adolescents réfugiés âgés de 8 à 15 ans sont devenus mystérieusement catatoniques. Ils ne parlent plus, ne mangent plus, refusent de boire, sont incontinents et ne réagissent plus à des stimuli physiques pourtant douloureux comme une piqûre. Ils tombent dans un coma sans qu’aucune raison physiologique

ne l’explique et sont nourris par perfusion afin d’éviter qu’ils ne meurent. Ce phénomène a également une dimension endémique, parfois entre membre d’une même fratrie. Dans un climat de peur et de méfiance, les parents ont même été accusés de droguer leurs enfants, avant qu’en 2014 le syndrome de résignation soit officiellement reconnu par les autorités suédoises.

Le seul remède que les médecins préconise est “la restauration de l’espoir au sein de la famille”, autrement dit l'acquisition du statut de réfugié. C’est à cette seule nouvelle que les enfants se réveillent enfin.

La Suède n’est pourtant pas le seul pays à avoir accueilli des réfugiés. On peut légitimement se poser la question d’une omerta sur le sujet dans le reste de l’Europe. Ce que nous renvoit ce “sommeil” ou plutôt cette “mise en veille” chez ces enfants est l’insupportable traumatisme lié à l’exil et aux conditions d'accueil déplorables que nous voyons partout en Europe. Ces enfants “font” quelque chose. Ils dorment. Ils s’échappent comme ils peuvent. Ralentissent

le processus d’expulsion. Arrêtent le temps.

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